jeudi, 22 mai 2014

Conférence de presse-FRONTEXIT

Vendredi 23 mai à 9h30 au Résidence Palace (Rue de la Loi, 155 à 1040 Bruxelles)

A la veille des élections européennes, les membres de la campagne Frontexit vous convient à leur conférence de presse pour présenter le bilan de leurs travaux après un an de recherche sur Frontex ainsi que le rapport « Frontex entre Grèce et Turquie : La frontière du déni ». En dépit des modifications cosmétiques du mandat de l’agence et  de la mise en place d’une stratégie de communication professionnelle, ses activités restent incompatibles avec le respect des droits fondamentaux.

Rapports et témoignages à l’appui, les membres de la campagne attirent l’attention sur :

  •          La complicité de Frontex dans la violation des droits des migrants ;
  •          Un manque de transparence concernant ses activités;
  •          L’irresponsabilité vis-à-vis de ses agissements;
  •          Son influence croissante dans la définition de la gestion des frontières en Europe et au-delà.

Dotée d’un budget de 89 millions d’euros in 2014, Frontex n’a cessé d’acquérir de nouveaux pouvoirs sans garantie satisfaisante de respect des droits fondamentaux, en particulier depuis la révision de son mandat en 2011 et l’adoption du nouveau règlement sur les interceptions maritimes en 2014. L’agence a également la responsabilité d’administrer Eurosur, le vaste système européen de surveillance des frontières. Ces nouvelles prérogatives s'ajoutent à l'activité de surveillance, d'interception et de retours forcés qu'elle exerçait déjà.

En mars 2013, 21 associations, chercheurs et militants de la société civile d’Afrique et d’Europe ont lancé la campagne FRONTEXIT. Leurs analyses corroborent les préoccupations relevées par le Rapporteur des Nations Unies sur les droits humains des migrants, la Médiatrice européenne et le Conseil de l’Europe concernant la responsabilité de Frontex dans la violation des droits des migrants.

Frontex travaille à la mise en œuvre et au développement d’une politique européenne de gestion des frontières au moyen d’équipements et des technologies quasi militaires. Chaque année, des milliers de personnes sont traitées comme des « ennemis ». Qu’ils soient enfermés, repoussés, ou perdent la vie, ils sont les victimes d’une stratégie fondée sur des objectifs sécuritaires et non les droits humains.

Déroulé de la conférence de presse

09h30 -Accueil

10h-10h50 Présentation du bilan Frontexit d'un an de campagne par Caroline Intrand de la Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers-CIRE/Migreurop et Anna Sibley de la Fédération des associations de solidarité avec les travailleur-euse-s Immigré-e-s-FASTI/Migreurop +débat avec la salle ;

10h50 -11h30-Présentation du rapport « Frontex, entre Grèce et Turquie, la frontière du déni » parAnita Kynsilehto du Réseau Euro-Méditéranéen des Droits de l’Homme-REMDH) +débat avec la salle

lundi, 14 avril 2014

Ce 16 avril 2014, le Parlement européen est amené à voter un règlement sur la surveillance maritime par l’agence européenne de coopération pour les frontières extérieures (Frontex). Mais il n’y a pas de quoi se réjouir, car « surveiller » n’est pas « veiller sur ». L’agence Frontex n’est en effet pas mandatée pour sauver des vies mais pour intercepter des migrants.

lundi, 18 novembre 2013

COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT

Le renforcement des contrôles à la frontière gréco-turque oblige les personnes fuyant des conflits à prendre des routes de plus en plus dangereuses. Ceux et celles qui arrivent à traverser cette frontière européenne sont souvent victimes de refoulement, sont systématiquement enfermé.e.s. à leur arrivée dans des conditions inhumaines et dégradantes. L'Union européenne répond en renforçant les moyens de surveillance et d'interception, alors que l'urgence est à l'accueil et non à la criminalisation.

Tels sont les constats de nos organisations au retour d'une mission d'enquête en Grèce et en Turquie, où notre délégation a pu accéder à des centres de détention en Grèce et interviewer des personnes migrantes et réfugiées et relevé une série de violations avérées des droits des personnes à la frontière. Aucun des acteurs rencontrés durant notre mission et impliqués dans les différentes étapes du contrôle migratoire à la frontière gréco-turque ne peut ignorer cette situation.

En Grèce, les témoignages abondent de personnes victimes de refoulement par les gardes-côtes grecs, que ce soit en pleine mer, ou même une fois posé le pied sur le sol européen*. Ces gens n'apparaissent pas dans les statistiques. La délégation a pu s'entretenir avec ces invisibles qui ont témoigné des violences exercées par des gardes-côtes qui les brutalisent (femmes enceintes et enfants compris), et les volent (bijoux, argent, portables), en jetant leurs documents d'identité à l'eau, et les rejettent à la mer vers les côtes turques.

La réforme du droit de l’immigration et de l’asile en cours, censée remédier aux défaillances systémiques plusieurs fois sanctionnées par les cours européennes, cache mal la cacophonie qui règne sur l’identification des responsabilités une fois les migrant.e.s intercepté.e.s. Celles et ceux qui parviennent à rester sur le territoire sont enfermé.e.s sytématiquement par les autorités, y compris les mineurs non-accompagnés le temps de leur identification. La Grèce vient à nouveau d'être condamnée à ce propos. A celles et ceux qui sont libérés, la Grèce délivre une obligation de quitter le territoire sous 30 jours, aucun droit sur le territoire. Le taux d'acceptation des demandes d'asile est très faible et les attaques racistes en constante augmentation.
Afghans, Irakiens, Somaliens, Soudanais, Erythréens, Syriens, Palestiniens sont pris en étau entre la Grèce et la Turquie et utilisées comme faire valoir d'une politique de contrôle des frontières que l'Europe encourage.

En Turquie, l’adoption d’une loi sur les étrangers et la protection internationale en avril 2014 n’atténue que peu les craintes des associations notamment sur l’évolution des pratiques et l’obstination turque au maintien des réserves géographiques à la convention de Genève de 1951 qui écarte de la demande d’asile tous les ressortissants non européens. Annonciatrice de nombreux progrès, la nouvelle loi n’en demeure pas moins un miroir inquiétant des travers juridiques bien présents dans le droit européen qu’elle se targue de reproduire (multiplication des procédures accélérées des demandes d’asile ; enfermement pour les personnes en attente de leur renvoi jusqu’à 12 mois) Ces réformes sont le signe que la Turquie amorce un virage « à l’européenne » sans offrir toutes les garanties du respect des droits des personnes : difficile accès à la procédure d’asile notamment pour les personnes en centre de rétention, pas de loi sur la protection des données personnelles, enfermement des mineurs et des familles, absence d’accès à l'aide juridictionnelle. De plus, les autorités ont expulsé des centaines de syriens dès qu’ils ont commencé à arriver en Turquie.L’ambition de cette réforme trouve ses limites dans les manquements structurels de la Turquie à ses obligations  internationales. Mais elle butte aussi face au nombre important de celles et ceux qui ne peuvent entrer légalement en Europe et dont la Turquie a, in fine, la charge.

Que fait l'Europe ? Comment se positionne alors l’agence Frontex et derrière elle les institutions européennes lorsqu’elles sont témoins et participent, à tout le moins indirectement, à ces violations des droits humains?

A l’instar de Lampedusa, l'Union européenne a proposé à la Grèce un soutien essentiellement orienté sur la présence depuis plusieurs années de l'agence européenne de surveillance des frontières, Frontex, à la frontière maritime et terrestre gréco-turque. Cette présence n’a pourtant modifié ni les conditions d’accueil des migrants, ni la dangerosité de cette route migratoire. Et les violations des droits des personnes à la frontière continuent.

Du côté turc, la situation particulièrement préoccupante des migrant.e.s ne semble en aucun cas être un frein à la négociation d'un accord de réadmission entre l'UE et la Turquie, au financement de la construction de lieux d'enfermement, ni à la perspective d'une coopération entre les autorités turques et Frontex.

 

Ces dernières semaines, la tragédie au large des côtes de Lampedusa semble avoir réveillé les consciences sur la détresse des migrant.e.s qui essaient d’atteindre le territoire européen. L’UE envisage maintenant d’augmenter les capacités de Frontex pour faire face à cette situation. Or, nos organisations n’ont eu de cesse de répéter que la détresse des migrant.e.s et la dangerosité de leurs routes sont étroitement liées à l’absence d’alternative pour accéder au territoire européen, et aux conditions d’accueil insuffisantes à l'intérieur et aux frontières de l’Europe.

Le contrôle aux frontières ne sauve pas des vies mais conduit à la violation des droits - si ce n'est à la mort- d'hommes, de femmes et d'enfants.

Le rapport de la mission sera rendu public au premier trimestre 2014

FIDH, REMDH, Migreurop

Associations soutenant ce communiqué de presse : ABCDS Oujda (Maroc), AMDH (Mauritanie), AMDH (Maroc), AME  (Mali), ARACEM (Mali), ARCI (Italie), CIRÉ  (Belgique), CNCD 11.11.11. (Belgique), Fasti (France), FIDH (international), GADEM (Maroc), GISTI (France), GRAMI AC (réseau régional basé au Cameroun), Justice Sans Frontières Migrants (réseau euro africain), La Cimade (France), LDH Belgique, Migreurop (Europe Afrique), Progress Lawyer Network (Belgique), REMDH (régional-euro-méditerranéen)

 


* « Pushed back, systematic human rights violations against refugees in the Aegean sea and at the Greek Turkish borders”, Pro Asyl, novembre 2013 http://www.proasyl.de/fileadmin/fm-dam/l_EU_Fluechtlingspolitik/pushed_back_web_01.pdf